« Excepté quelques cas pathologiques graves, les gens deviennent fous quand ils essaient d’échapper à la routine », Paulo Coelho

Aujourd’hui, chère amie, chère lectrice, je veux partager avec toi un petit moment de ma journée qui m’a fait rigoler.

Monsieur XX, surnommé petit cœur au bureau, est un potentiel vacancier à qui je veux potentiellement vendre des vacances. Un petit poisson que je ferre depuis plus d’une semaine. Tel un pêcheur urbain, je lui lance donc, depuis mon fauteuil, des amorces qu’il gobe joyeusement. Paysages merveilleux, pureté du ciel étoilé, somptuosité de mère nature qui nous offre chaque heure un spectacle différent. La ligne se tire, le poisson s’accroche. Je change d’hameçon et lui envoie le programme. Le poisson s’excite et fouille le fond. Il a faim. Je lui lance quelques appâts. Quelques conseils. Il en redemande. Prise dans mon enthousiasme, j’enfile alors mon bonnet à rayures, mon imper ciré et mes bottes en plastique et je me jette à l’eau. Et je lui balance un plein seau d’alevins : le budget. Paf. En plein sur la tête. La ligne se détend d’un coup.  Je crois l’avoir assommé.  J’entends voler les mouches.  Je me dépêtre de la boue et reviens sur la rive. Je lui crie « Petit cœur ! Où es-tu ? Viens donc que je puisse te regarder, tes écailles étaient si belles et tes yeux si joyeux ! ». Petit cœur lève la tête et sort ses yeux vitreux puis me dis « l’altitude n’est pas compatible avec ma lésion à la rétine ». C’est moi qui ai mal à mon cœur. Pauvre petit poisson. Je me suis gourée de fonds. Petit cœur n’est pas cette sorte de poisson que l’on trouve dans les lacs des montagnes andines. Petit cœur est un poisson fragile que l’on trouve près des côtes, au chaud et en maillot de bain.  Je lui réponds sincèrement : « Cher Monsieur, je suis sincèrement désolée. Je ne savais pas que vous souffriez d’une lésion à la routine. J’espère que cela va très vite s’arranger ». Et mes collègues de s’esclaffer « beaucoup souffrent de ce mal, tu sais ».

Paf. Entre rétine et routine finalement, tout est une question de point de vue. Je plie donc ma canne et tel un courageux pêcheur qui revient à la maison le filet vide, je m’en vais manger des petits bâtonnets.

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