« L’acte d’amour et l’acte de poésie sont incompatibles avec la lecture du journal à haute voix», André Breton

Chère amie, chère lectrice, bonjour.

En lisant cette citation, là tout de suite maintenant, je me dis que l’avantage de ma situation peu poétique de « célibattante », c’est que moi et bien… rien ne m’empêche de lire le journal à voix haute !

Mais avant de vous lire mon journal à haute voix…j’ai une question, là, qui me vient comme ça, tout de suite maintenant : qu’est-ce qu’on entend exactement par « célibattante » ? Une tante célibataire ? Une ninja combattante ? Une fille qu’a un TOC et qui fait que de dire « TEU » et quand on cogne au cabinet et qu’on dit « C’est libre ? », elle répond « TEU. Oui, c’est lib’. Attends ! TEU ». Ou alors, c’est une fille qui s’appelle « Libattante » et quand on demande « Qui c’est cette fille ? », on dit « C’est Libattante ! ». Ou alors, c’est une célibataire battante ? Oui, mais battant quoi ?… En fait, dans le dictionnaire des mots usagés, « célibattante » est « une célibataire exigeante, branchée et militante ».

Au final, Monsieur Larousse aurait carrément pu mettre ce que tout le monde lit entre les lignes de cette définition foireuse : « célibattante= fille moche qui s’habille comme un sac et qui fait chier tout le monde les rares soirées où elle est encore invitée à nous rappeler que des femmes et des enfants souffrent dans le monde ». Des hommes aussi souffrent, vous allez me dire ; mais les hommes elle s’en fout ! Tous des salauds ! Hého, célibattante ou bien ??!! TEU.

Et si tu me laisses t’exposer ma définition personnelle de ce genre de personnage, chère amie, chère lectrice, je dirais qu’une « célibattante », c’est tout simplement une célibataire battant au vent son journal pour chasser les moustiques, bien qu’ils soient les seuls êtres qui aient encore envie de la toucher !

Bon. Maintenant que j’en ai explosés 2 avec mon journal (des moustiques, pas des célibattantes), me voici calmée pour te faire un peu de lecture à haute voix.

Chère amie, chère lectrice, je te propose ainsi aujourd’hui de te conduire dans le centre de la France… pays de mon enfance… magnifique contrée habitée par de joyeux lurons, de courageux Berrichons, aux cœurs pleins, et en plein cœur de notre beau pays… En plein milieu de ce que certains osent appeler « la diagonale du vide »….A tord, car une des nombreuses occupations dans le Berry, et bien, c’est de scruter l’horizon. Et pour dire vrai, on serait bien content de voir au moins passer ça, une diagonale! Roooh….

Bref, j’ai décidé aujourd’hui d’annoter dans mon blog-notes quelques extraits d’une feuille de chou dont les nombreuses lectures ont alimenté ma croissance intellectuelle, c’est pour dire. Trêves de berrichonneries, je vais partager avec toi, chère amie, chère lectrice, une source à idées ordinaire inépuisable car quotidienne: le Berry Républicain.

Battements de cœur. Je rentre sur leur page (www.leberry.fr) et je ne sais si c’est la joie de me replonger dans le passé, mais au 1er encart, j’explose. « Appel à témoins ! Signalez nous des jardins berrichons hors du commun ». J’adore !! Quel talent, quel humour journalistique ! Il y a en qui poussent à la délation. Les Berrichons non. Ils restent droits et entiers. Ils s’intéressent à l’essentiel, toujours.

Autre titre paru dans le Berry aujourd’hui : « Un oiseau nocturne s’évade rue des Arènes… et finit devant le tribunal correctionnel ». Tiens, tiens…Curieuse, je clique pour en savoir plus. Je m’attends à lire l’escapade d’un oiseau rare, exotique, qu’un Berruyer mal intentionné aurait ramené illégalement de République des Kiribati après avoir extorqué à Gilbert son oiseau préféré contre une vague promesse de siège à l’ONU ♪. Que n’est ni ! Je lis et redécouvre la verve de ces pigistes qui font d’une histoire glauque…soit, une histoire glauque… mais malgré tout ce que dit André, un poème.

C’est l’histoire de Didier et de son coucou qui, n’ont fait actes ni d’amour, ni de poésie et qui méritent finalement bien qu’on lise leur histoire à haute voix. Didier, donc, après avoir ramené sa mère chez lui, voit passer deux jeunes filles dans la rue. Didier s’arrête  et « il propose aux promeneuses (…) un air de flûte dont il accepte de payer généreusement cinq euros le morceau. » Devant le tribunal, « Didier minimise. Il considère l’état du membre incriminé plus proche de la fuyante savonnette que de l’orgueilleuse stalagmite. Pour éclairer le tribunal sur la tenue de la chose, il mime brièvement la façon dont cette nuit-là, il maintenait son oisillon, trop petit en tout cas, selon lui, pour que sa tête tienne seule, hors de son nid. ». Didier et son oiseau nocturne ont écopé de 4 mois avec sursis. Et l’article de conclure: « L’avocate de Didier demande au tribunal de dégonfler cette peine ». Franchement, rien à rajouter ! Quelle plume ! Euh,  le journaliste… pas l’oiseau.

Et bien voilà. Cette replongée aux sources, me donne envie de partager avec toi, chère amie, chère lectrice, là toute de suite maintenant, un peu d’histoire de mon pays.  Non, non, ne me remercie pas, c’est cadeau.

Alors au début, ou presque, dans l’Antiquité, les Berrichons n’étaient pas encore des Berrichons, mais des Bituriges…Avec un nom comme ça, il faut bien avouer que ce n’était pas gagné. D’ailleurs, ils ont perdu. Que dis-je? Ils se sont faits exploser la gueule en 52 avant JC par César, mes ancêtres adoptifs (bien oui, je suis bretonne normande moi, pas vraiment berrichonne…et pas peu fière de l’être !). Bref, César est venu dans le Berriturige. Il a bien vu, il a vaincu. Il les a assiégés et les a affamés, le salopard, sur leur bute entourée d’un marais. De 40 000, ils sont passés à 800 les Bituriges. La démographie locale a encore du mal à s’en remettre…et donc depuis ce temps là, les habitants d’Avaricum (nom latino-romain de Bourges), devenus aujourd’hui Berruyers (et oui, les habitants de Bourges ne sont pas des Bourgeois mais des Berruyers, jusqu’à preuve du contraire et jusqu’ à la prochaine invasion… et Dieu sait qu’on l’attend !). Bref, en souvenir de grand-grand-grand-grand papy, on se prend des bitures. Facile soit, mais historiquement prouvé.

J’avance donc d’un grand pas historique pour arriver maintenant au XIIème siècle. Pas qu’il ne se soit rien passé entre temps, mais disons pas grand-chose. Les Berrichons ont planté des lentilles, fait des galettes de pommes de terre et mangés des pâtés de Pâques, spécialités de la région. Et oui. Et ça, pendant plusieurs dizaines de siècles. Et pourquoi pas? C’est donc au XIIème qu’il commence à y avoir à nouveau un peu d’action… et pas la moindre ! Chère amie, chère lectrice, c’est au XIIème siècle que va commencer l’édification d’une des fiertés régionales, voire nationales, voire internationales : la Cathédrale Saint Etienne. Bien connue encore sous le nom de « the » Cathedrale la plus belle du monde, ou encore de la Cathédrale de Bourges, ou encore de la Tour de Beurre, du fait de l’impôt prélevé sur le beurre qui en a permis la construction… Il va s’en dire que les épinards des Berrichons ont dû être pendant quelques temps un peu fadasses, mais bon. Edifiée donc sous l’impulsion du Roi Philippe Auguste lui-même et de Sully (constructeur de Notre Dame de Paris) pas lui-même mais de son frère Henri, le plan de l’édifice religieux se voulait, et a été, unique en son genre. De 1192 au XVème siècle, soit pendant près de 3 siècles, temps que dura la construction – temps ponctué par de nombres d’incendies- les grands pères jusqu’aux petits et arrière, arrière- petits berrichons et plus se sont mis au boulot. Et quelle œuvre ! Pour celles qui ne connaissent pas encore la Cathédrale de Bourges, ça vaut vraiment le détour sur l’autoroute des vacances Paris-Marseille. D’ailleurs, j’y pense, si vous y passez, n’oubliez pas d’emporter une diagonale avec vous, depuis le temps qu’on l’attend, ça nous ferait plaisir…Tout ça pour dire qu’aujourd’hui, chacun peut apercevoir des alentours de Bourges, la cathédrale trônant fièrement sur notre butte, et chacun peut entendre battre en son sein la 1ere horloge astronomique de tout l’univers entier.

Petit retour en arrière. Au XIVème siècle, alors que la Cathédrale allait bien finir par s’achever quand même, Bourges a soudain été mise sous la coupe d’une célébrité parisienne : j’appelle le fils du Roi Jean le Bon (et non de Jean Bon, s’il vous plaît), j’appelle le frère du roi Charles V, j’appeeeeelle : Jean de Berry !! Ouaaaaais !!!! Coke, sexe and rock n’roll. Entre 1360 et 1460, le petit se déchaîne, c’est la grosse teuf à Bourges.

Et comme une célébrité en emmène toujours une autre – tout comme des concours de circonstances que j’espère tout de même un peu heureuses- c’est au XVème siècle que Charles VII, le même qui mit fin à la guerre de cent ans, s’établit quelques années à Bourges. Plus exactement à Mehun sur Yèvre , commune toute proche de celle où j’ai grandi, Marmagne  -nom qui viendrait de « Mare magnum », « grande mer » en latin…Ils avaient décidément un sens de l’humour certain ces Latinos romains. Bref, Charles VII avait envie de prendre l’air et s’installa à Bourges.

A Bourges d’être alors proclamée capitale de la France. Et à Paris d’être poussée dans le vide à la berrichonne… en diagonal !

Puis après, et bien vous connaissez déjà la suite, c’est nous, les Berrichons, qui sommes passés pour finir de l’autre côté de la diagonale.

Et à moi, de conclure cette note par le slogan préféré d’une chère amie lectrice : quoiqu’il en soit, mais oui, mais… « Que serait la vie sans le Berry ? »  ♫ !

 

♪ Ceci fait indirectement référence à la République de Kirabati où se parle le gilbertin, mentionnée dans ce post. Et ceci fait directement référence à Gilbert, personnage inventé de toute pièce, supposément seul habitant de la République.

 Autre note importante de la pigiste, de la rédactrice et de la rédactrice en chef, c’est à dire moi : je ne sais pas aujourd’hui mais en tout cas c’était le slogan du Berry Républicain il y a quelques années.

 

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